08.05.2012

Le changement c'est... maintenant...

          hollande,sarkozy,ump,chevènement,explosion,présidentielles,législatives  L’élection présidentielle vient enfin de se clore et pourtant, le parcours est loin d’être terminé. Simple répétition aux législatives, la nomination du candidat socialiste ne lui garantit pas la majorité à l’Assemblée Nationale. Si ce devait être le cas, ce serait toutefois la première fois dans la Ve République où toutes les institutions et les collectivités (dans leur majorité) seraient à gauche.

            Les ténors de l’UMP tentent le tout pour le tout et espèrent provoquer une cohabitation. Douce ironie pour le parti encore majoritaire qui a tout fait, avec le concours du Parti Socialiste, pour empêcher tout risque possible, du quinquennat à l’inversion du calendrier électoral. C’est cependant bien sur ce tableau-là qu’ils comptent jouer, alors que les inévitables dissensions commencent à émerger. L’éclectisme du parti majoritaire commence à avoir raison de lui et il y a peu de chance que les appels au calme officiels fassent longtemps barrage contre le trop plein d’eau qui s’y est accumulé depuis dix ans. De même, Nicolas Sarkozy, à trop vouloir museler la majorité afin d’en être le seul challenger, est devenu sans le savoir le seul fusible du parti. À présent qu’il a sauté, il ne faut pas s’étonner de voir naître une guerre des chefs entre Copé, Fillon et Juppé pendant que Xavier Bertrand tente de sauver les meubles.

 

 

            Reste encore le Rassemblement Bleu Marine, qui revient aux fondamentaux de la droite ; à savoir souverainiste et bonapartiste, ancrée dans les traditions rejetées par les soixante-huitards (qui sont aujourd’hui, douce ironie là encore, les premiers à voter UMP) et qui faisaient pourtant la force de la France. Mais là encore, le Rassemblement doit faire face à des troubles, causés notamment par Louis Alliot qui mésestime les partis de la coalition, les qualifiants de « micro-partis », ce qui, nous l’admettrons, est une étrange stratégie de rassemblement. L’on se demande sincèrement comment la droite peut espérer accoucher d’une opposition pérenne dans ces conditions.

 

 

Et pendant ce temps, la gauche est aux anges. Enfin presque toute la gauche. Un petit parti, à la tête duquel se dresse un grand homme, s’est fait une nouvelle fois cocufié par le PS en la personne de Jean-Marc Ayrault qui a clairement précisé que le Mouvement Républicain et Citoyen ne fera pas « partie de la nouvelle majorité ».

 

 

Jean-Pierre Chevènement semble toujours refuser de couper le cordon ombilical avec son ancien parti, lequel ne rate aucune occasion pour en profiter le plus possible. Chevènement qui restera l’éternelle question ; pourquoi s’évertue-t-il à rester à gauche alors qu’il est un homme de droite ? Il est sans doute la preuve du plus grand gâchis intellectuel dans la politique française, du moins de toute la Ve République.

 

            Qu’importe ! Fini l’austérité, vive le gel du prix de l’essence et la croissance (que l’on attend toujours) ! François Hollande, homme normal au parcours normal, est là pour redonner l’espoir, et peut-être même faire venir les bisounours, tant qu’à faire. Le changement est maintenant, nous dit-on. Mais si le changement est pour maintenant, n’oublions pas que la gueule de bois, elle, est toujours au lendemain.

 

Caricature de Salles (journal l'Alsace)

Article rédigé par Magnus

03.05.2012

Jeu de dupes

Salles - Sarkozy 1er tour.jpgLes élections présidentielles de 2012 resteront dans les annales comme les plus fades de toute la Ve République (à moins qu’il ne soit possible de faire pire à l’avenir).

 

 

            De tous les candidats finalement retenus, la France a eu le malheur de n’avoir droit qu’aux pires, à l’exception de Marine Le Pen et peut-être Nicolas Dupont-Agnan, bien que plusieurs voix lui imputent un sérieux défaut charismatique.

 

 

            Aujourd’hui, au lendemain du débat de l’entre-deux tours, nous trouvons sans doute deux outsiders qui doivent sincèrement se mordre les doigts. Le premier n’est autre que Dominique Strauss-Kahn, victime de ses turpitudes. Et pourtant, ses compétences auraient indéniablement relevé le niveau du débat d’hier soir, niveau qui frisait l’abysse le plus insondable. Toutefois, outre les raisons qui l’ont exclu de l’arène, DSK soulève quelques interrogations. Peut-on toujours se réclamer comme socialiste (soit comme proche du peuple) alors qu’on a été président du FMI et néolibéral ? Certains pensent que non que c’est la compétence qui est importante, peu importe l’étiquette.

 

 

            L’autre grand perdant de cette élection restera sans doute Jean-Pierre Chevènement.

            Déjà cocufié par Jospin dans les années 90, il s’est posé pour ces présidentielles comme celui qui veut « faire bouger les lignes ». Le débat d’hier soir à surtout montré que ses idées, tout comme celles de Montebourg, n’ont aucune valeur aux yeux du PS et à ceux de son candidat. La gauche ne se présente plus comme souverainiste, mais au contraire comme multiculturaliste, grand facteur de division et cause du communautarisme en France qu’il a longuement critiqué. Chevènement est l’homme qui est passé à côté de son destin à cause de son obstination à s’accrocher au Parti Socialiste, et à la gauche en général, alors qu’il est une sorte de « maurasso-gaullien » comme l’avait affirmé Éric Zemmour il y a peu.

 

 

            Aucun des candidats restés en lice ne pourra prétendre avoir la carrure de ces deux-là, et c’est pourtant avec eux que la campagne s’est déroulée, campagne qui a montré à quel point le niveau des politiques français a cruellement baissé en comparaison des célèbres joutes entre Marchais et Chirac ou encore VGE et Mitterrand. « Des enfants dans une cour de récréation », comme l’avait dit Alain Duhamel, qui ne pensent qu’à se chamailler entre eux sans jamais aborder un vrai débat de fond. L’idée pertinente du « panier de monnaie » de Chevènement est passée à la trappe, en-dehors de la rapide mention de Sarkozy hier soir qui ne tenait que pour la forme, l’idée de Cheminade concernant la séparation des banques boursières des autres afin de préserver l’économie aussi… C’est à se demander si le premier tour avait une réelle utilité, sinon de montrer que les votes exprimés par les Français à travers Marine Le Pen mais aussi Mélenchon désavouaient le bipartisme PS/UMP, et affirmaient leur euroscepticisme, expression que les deux finalistes ne prennent aucunement en compte. 2012 sera une élection au « creux de la vague » et il faudra attendre certainement 2017 pour avoir une véritable élection de fond. Le débat hier consistait surtout en un jeu de dupes où les candidats tentaient avant tout de mettre en avant leurs différences pour montrer qu’ils ne sont pas des jumeaux politiques.

 

 

            Entretemps, il y a aura pourtant les fameuses législatives de cet été. Plusieurs hypothèses sont envisageables. La première n’est autre que l’explosion de l’UMP par une probable guerre des chefs suite à la défaite de Sarkozy, bien que ce scénario reste tout à fait envisageable pour le PS en cas de défaite pour Hollande.

            L’explosion de l’UMP serait une bonne chose. Il permettrait de briser l’étau du bipartisme imposé depuis le milieu des années 90 par le RPR, en faisant sauter une structure qui monopolise toute la droite et étouffe les autres sensibilités politiques. Trop hétéroclite, son maintien a garrotté la droite et a contribué à la faire apparaître comme un protecteur des plus riches, créateur de clivages entre privilégiés et classe moyenne, etc. Par ailleurs, l’émergence de Marine Le Pen a ressuscité cette césure entre une droite populiste, bonapartiste, et une droite orléaniste, libérale, européiste. Clivage qui, espérons-le, se traduira pas la victoire de la « nouvelle droite » et un rassemblement des mouvements souverainistes, tel que le SIEL, Debout la République, la Droite Populaire, et pourquoi pas le MRC si Chevènement se reprend en main.

 

 

            Car le véritable enjeu pour les Français était bien celui-ci, la question de la souveraineté de la France et de la refonte européenne. S’il n’a été utilisé que très vulgairement comme un outil de marketing électoral par Nicolas Sarkozy, il y a fort à parier que d’ici 2017 le souverainisme se place comme l’acteur majeur de la campagne.

 

Caricature de Salles (Journal l'Alsace)

Article rédigé par Magnus.

13.02.2012

Calife à la place du Calife

Salles - Sarko Iznogoud.jpgNicolas Sarkozy croit amuser la galerie avec son secret de Polichinelle en refusant de trancher sur sa future candidature. Une date circule néanmoins depuis quelque temps ; ce serait Jeudi que le Président de la République déclarerait sa candidature.

 

Certains pensant qu’il souhaitait imiter Mitterrand qui avait annoncé la sienne en Mars, à la fin de son premier mandat, il semble que le président sortant ait tout de même dû modifier son calendrier.

 

Cible des boulets rouges tirés à gauche et à l’extrême-droite, Nicolas Sarkozy n’a guère eu le choix. Il a revêtu son habit de campagne, n’hésitant pas à remettre en marche le pompage du FN afin d’en grappiller les voix, un peu à l’image d’une sangsue qui veut refaire le plein. Le calife veut rester à la place du calife, et le fait comprendre à tous. Jouant la carte du « Moi, je m’occupe de sauver la France pendant que les autres font mumuse », l’homme qui a fait un joli doigt d’honneur au rejet de la Constitution Européenne par les Français lors du référendum de 2005 se permet l’outrecuidance d’en promettre d’autres s’il est réélu. Ajouté à cela les futures « mesures phares » de son hypothétique futur mandat, l’on se demande comment Sarkozy peut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, s’imaginant que personne ne se demandera « Qu’est-ce qu’il a foutu pendant 5 ans s’il propose tout cela maintenant ? ».

 

Mais tant qu’à jouer dans les sommets de l’hypocrisie, voire de la mauvaise foi, on renchérit en invitant la chancelière allemande pour une ingérence électorale. Merkel affirme haut et fort son soutien pour Nicolas Sarkozy, car elle sait qu’il est le seul fidèle soldat qui dira oui à toutes ses excentricités ; à se demander si ce n’est pas en fait Merkel qui n’est pas maître-chien. Le reste de la métaphore se devine tout seul.

 

En réalité, ce qui est dérangeant dans cette ingérence, c’est le sous-entendu qu’il cache. En soutenant Nicolas Sarkozy, l’on ne peut s’empêcher de déceler un « et vous avez intérêt de le réélire » de la part de la chancelière. Le Président, allant jusqu’à s’en féliciter, est bien loin de la stature de De Gaulle qui aurait remballé l’Allemande en lui signifiant qu’il n’a pas besoin de son soutien pour gagner des élections. D’ailleurs, le Général a dû se retourner bon nombre de fois dans sa tombe ces cinq dernières années. Et pourtant, à l’heure où les solutions sont minces, les projets avec une réelle profondeur ne résidant qu’à travers trois candidats, dont un s’étant retiré, l’on trouve le moyen de parler de « vote utile ».

 

Une aberration de la part d’individus croyants à l’existence d’une forme de « bien-pensance » et qui, étonnement, trouve sa majorité chez les jeunes. Jeunes qui, parfois, sont des adolescents passant le reste de l’année à se donner des parures de rebelle en mousse, avec leurs fournitures estampillées de l’emblématique Che. Même à cet âge, c’est à se demander comment on peut avoir un tel manque d’éducation politique tout en se permettant de débiter des inepties. La génération « médias » qui se veut la plus indépendante se retrouve finalement la plus muselée et conditionnée par ce qui les compose ; sondages, articles journalistiques médiocres et visant à diriger électoralement leur lecteur… Car l’on n’a pas encore remarqué de journal informant que Marine Le Pen est la seule à avoir présenter un programme entièrement chiffré, que le pompage de Sarkozy sur le FN depuis 2006 est puéril et prouve son manque d’idées, sans compter l’impasse de plusieurs titres sur nombre de candidats, comme ce fut le cas pour Chevènement, mais aussi Dupont-Agnan ou encore Mélenchon, qui multiplient pourtant leurs interventions.

 

En fin de compte, la France qui se caractérisait par son clivage gauche/droite verrouille encore plus le débat, par un clivage PS/UMP, qui sont des partis néolibéraux, soit avec la même idéologie, seul le niveau de la mauvaise foi de leurs cacosopharques pouvant différer.

 

Caricature de Salles (journal l'Alsace)

Article rédigé par Magnus.

21.01.2012

Big Brother is watching you

big-brother[1].jpgLa guerre du Web semble déclarée. Après que le FBI ait décidé de passer outre sa juridiction et en arrêtant le fondateur du célèbre Mega Upload, en même temps que la fermeture du site, le collectif Anonymous a entamé plusieurs actions punitives envers différents sites gouvernementaux. Parmi eux figurent notamment le site de l’Élysée, celui du FBI bien sûr, mais aussi ceux de plusieurs majors tels que Sony ou Universal.

 

Certains disent déjà, sur le ton du sarcasme ou de la plaisanterie de bon aloi, que le calendrier maya est quelque peu en avance, à moins que le 21 décembre ne soit le point d’orgue de « la fin du monde tel que nous le connaissons ». Au vu de la tournure que prennent les choses, l’on serait tenté de rappeler le célèbre slogan de l’Angsoc d’Orwell dans 1984 : « War is Peace, Freedom is Slavery, Ignorance is Strength ». Le Sénat américain a néanmoins décidé de suspendre le vote des deux projets de loi controversés concernant la régulation d’internet suite aux assauts des hackers. Peut-être faut-il y voir là une réelle mise au placard dudit projet, mais il aurait mieux valu les censurer. De même, on se demande comment la justice américaine va pouvoir juger le fondateur de Mega Upload et ses collaborateurs, alors qu’ils ont été arrêtés en-dehors du territoire américain (soit la juridiction du FBI). Seuls les serveurs se trouvaient aux Etats-Unis, et les serveurs ne sont qu’un conteneur, non un contenant, dès lors on ne comprend pas vraiment avec quel artifice juridique le FBI a pu s’autoriser un tel acte. Il n’y a d’ailleurs que Sarkozy pour féliciter l’institution, sans doute ravi qu’un autre ait réussi là où il échoue avec HADOPI, et ouvrant par là-même une voie pour une régulation d’internet en France.

 

Malheureusement pour nos oligarques, les internautes ne sont pas du même avis. Une pétition court depuis quelques jours sur le net et a déjà recueilli un peu plus de deux millions et demi de signatures. Si elle n’aura sans doute aucun impact, elle est significative et renforce la légitimité du slogan « internet aux internautes ».

 

Bien entendu, d’autres plateformes similaires à Mega Upload existent, mais le FBI a voulu fermer la plus emblématique d’entre elles, voulant montrer qu’ils sont capables et au-dessus de tout. Sauf qu’Anonymous leur a très vite montré que c’était loin d’être le cas. Le coup de l’arroseur arrosé, somme.

 

Article rédigé par Magnus.

16.12.2011

Nietzsche

nietzsche-mouvements-masse-L-1[1].jpg« S'il ne fut évidemment ni nazi, ni antisémite, ni raciste, il n'en demeure pas moins, par certains aspects, un penseur évidemment dangereux. Antidémocrate, antisocialiste, antiégalitaire et farouchement antichrétien, Nietzsche est politiquement incorrect. »

 

 

Nietzsche, éternel sujet à polémiques et autres débats passionnés. Les manières dont on le détermine sont simplistes et primaires ; soit l’alburostre de service va vous servir un couplet capilloéradicatoire tant il sera ponctué de bêtise, du style que Nietzsche n’est rien d’autre qu’un précurseur de l’idéologie nazie, soit vous avez un autre spécimen, comme celui cité ci-dessus.

 

 

Si le premier énergumène semble être stupide en général (et donc qu’on puisse passer aisément outre de sa répartie à deux sous), l’autre moricaud, bien que bête aussi, aura suffisamment d’éléments en sa possession pour s’engluer dans un raisonnement branlant à n’importe quel prix, chose typique de ceux qui parlent de chose dont ils n’ont aucune maîtrise véritable.

 

 

Dans cette citation, le raisonnement stercoraire est d’autant plus frappant qu’il en vient à la simple déduction que Nietzsche est « dangereux » du fait qu’il est « antidémocrate, antisocialiste, antiégalitaire et farouchement antichrétien ». Y a-t-il plus malheureuse déduction que de placer le politiquement correct en tant que norme supramanichéenne, à même de dire ce qui est bon ou mauvais, voire bien ou mal ? Nietzsche n’aime pas la démocratie, et alors ? La démocratie est-elle vraiment ce système vertueux que l’on doit défendre aveuglément sans se demander s’il n’y a pas mieux ? Dire que l’on est contre la démocratie fait réellement de nous des despotes en herbe ? Bien évidemment, la réponse est non, et il est aberrant que l’on puisse avoir une telle idée. De même, l’auteur, dans sa naïveté pathétique, rajoute que ce qui fait de Nietzsche un penseur « dangereux » est son antiégalitarisme. L’on voit bien ici que nous avons affaire à un doux rêveur qui s’imagine que nous sommes tous égaux, et que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen entérine cette douce utopie. Sauf que, malheureusement pour lui, ladite déclaration entérine au contraire les inégalités sociales, et ce juste après la phrase bien connue de tous. Elle dispose précisément que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » ; à savoir que la notion « d’utilité commune » n’a jamais eu de réelle définition, sinon peut-être celle des classes sociales et de leur niveau de vie tel que le décrit Marx. Et puis, n’est-il pas désolant de voir quelqu’un taxer un philosophe de dangereux pour ces raisons-là alors que nos démocraties ont viré depuis longtemps à une espèce de technooligarchie ? C’est un peu comme se plaindre à trente ans que le Père Noël n’existe pas, mais passons.

 

 

L’avant-dernière attaque est d’autant plus ridicule qu’elle est marquée par une envie de renchérir et rien d’autre. Qu’y a-t-il de mal ou de mauvais à être athée et/ou de dire qu’une religion (ou la religion en générale) est chose mauvaise, comme le fait Nietzsche ? La religion, c’est cette entité absurde que s’est créée l’être humain pour découper son prochain avec une légitimité inattaquable, et ce motif religieux perdure encore de nos jours. Dire, pour résumer une partie de la pensée de Nietzsche sur le sujet, que la religion chrétienne est d’autant plus néfaste qu’elle pousse ses adhérents à se mépriser eux-mêmes, l’on se demande en quoi « ce n’est pas bien ».

 

 

Enfin, dernière chose, le pseudoargument jeté dans l’énergie du désespoir, Nietzsche est dangereux, car « politiquement incorrect ». Le « politiquement incorrect » n’est rien d’autre qu’une censure intellectuelle qui s’abat sévèrement sur tous ceux qui ont le malheur de la défié en n’allant pas dans le sens conforme du « politiquement correct ». C’est à la fois le berger et le chien du troupeau, image que Nietzsche a souvent critiquée chez l’État. De plus, la démocratie est, selon lui, une sorte de régime d’État qui produisait et maintenait ses citoyens dans une médiocrité intellectuelle, de sorte qu’ils ne s’interrogent jamais sur le bienfondé ou non dudit régime. En lisant cette citation, l’on tend à penser que cet endoctrinement par un manque de discernement est arrivé à maturité ; les moutons de Panurge bêlent contre ceux qui refusent d’adhérer au troupeau. Triste constat.

 

Article rédigé par Magnus.